BURUNDI: LEADERSHIP ET GRAND FLAIR POLITIQUE

 

 

Au moment où le Burundi, tel un poisson futé,  jongle adroitement dans la mare aux requins, entre les mandibules de ces fauves affamés, l’on ne peut que s’incliner devant la maitrise de sa politique et de sa vision, qui vont au-delà de ses frontières.

Le Burundi a démontré un grand leadership au long de ces dernières années. J’entends par leadership cette capacité de lancer une idée juste en premier, de la suivre, et de susciter des disciples après toi, convaincus de la bonté de ta démarche.

Le premier acte de leadership et signe de grand flair politique fut la visite du Ministre des Affaires Etrangères  Augustin Nsanze à Téhéran, alors que les USA et l’UE  tentaient d’empêcher le Burundi de nouer les relations diplomatiques avec l’Iran. Ce fut un acte de courage. Deux ans après, les USA elles-mêmes rétablirent leur relations diplomatiques  avec ce pays, et l’Europe suivit.

La deuxième démarche que nous connaissons tous c’est le retrait de la Cour Pénale internationale. D’autres pays qui le souhaitaient mais qui n’osaient pas ont attendu de voir si le Burundi serait foudroyé à cause de ce retrait, mais rien  n’est  arrivé ;  alors ils lui ont emboité le pas.

Le troisième signe qui corrobore cette capacité du Burundi au leadership international est le choix décisif de s’allier avec la Russie. Beaucoup d’analystes pensaient que le Burundi s’était fourvoyé en s’appuyant plus sur ce pays plutôt que sur les USA. On craignait que le Burundi ne devienne un terrain de lutte entre les blocs est et ouest. Mais le flair politique burundais, très développé a anticipé les temps. En effet, le président-élu des USA Donald Trump a décidé de s’allier lui aussi avec la Russie, pour une meilleure paix dans le monde. Encore une fois, le Burundi a devancé l’Amérique.

La résistance à l’Europe et aux USA semblait condamner le Burundi à la mort subite. La peur qu’aurait pu susciter  tous ces cris stridents des pays occidentaux, qui sortaient comme de la gueule des grands dinosaures paléontologiques, pouvait dissuader les âmes puériles de continuer l’avancée. Mais dans le cas du Burundi, avec son président aguerri par les années du maquis, ce fut le contraire. La liberté ou rien. La souffrance de l’enfantement de la souveraineté, il y en a eu et il y en aura, mais elle n’est pas supérieure aux douleurs dues à l’oppression et au dédain de l’Occident. Certains pays africains, qui avaient jusque là tenu un comportement de soumission et de peur révérencielles envers leurs anciens colonisateurs, se dégèlent; par exemple le Tchad appelle ouvertement les autres pays à lâcher le Franc CFA.

Enfin, certains pays commencent à copier les pratiques intérieures du Burundi, comme les travaux communautaires en RDC. Il n’est nul doute que le système politique de partage du pouvoir entre les ethnies finira aussi par  se propager  dans toute l’Afrique.

En conclusion, le Burundi petit de taille mais grand d’idées et de personnalité, se mérite à juste titre l’appellation de Cœur de l’Afrique. Pourquoi pas aussi son futur cerveau ?