KAGAME VEUT-IL ANNEXER LE BURUNDI ?

indip2 005imagesQQWPJWR7Dans son dernier article « Rwanda Burundi: rivaux et indissociables », le Prof. Guichaoua fait remonter les tensions entre le Burundi et le Rwanda à 2013, quand le M23 est écrasé à l’Est du Congo. C’est  Kagame qui ouvre les hostilités, parce que ne pouvant plus s’élargir vers l’ouest comme il en avait toujours rêvé, il tente la direction Sud. En effet,  pendant ces dernières années Kabila a réorganisé l’armée, de telle sorte les conquêtes éclair comme celles de 1996 ne sont plus possibles. En plus, le peuple congolais de l’est a créé des guerrillas d’autodéfense, qui ne laissent pas passer facilement une armée d’invasion. Kagame s’est retrouvé encerclé, par la RDC, la Tanzanie (qui a défait le M23), et le Burundi qui a un système politique d’intégration ethnique.

La tentative de percée vers le sud est dictée par la conviction de Kagame que le Burundi a peur de lui. Ceux qui habitent près de la frontière ont assisté plusieurs fois aux débordements d’éléments de l’armée rwandaise qui entraient au Burundi, soit disant pour traquer les rebelles, et qui y restaient plusieurs jours, campés au Burundi (Kabarore). Kagame  a aussi tenté de susciter des querelles de frontière, cherchant la confrontation, mais les burundais ont  toujours répondu sagement, en confiant ce problème à des commissions d’études.

Kagame a donc entrepris depuis 2013 une oeuvre de destructuration du Burundi, pour le faire ressembler au Rwanda. Car le système politique burundais, basé sur un partage de pouvoir entre les hutu, les Tutsi et les Twa, est non seulement solide, mais il est de loin en avance sur la dictature monethnique tutsi rwandaise. Kagame a peur que les Burundais n’influencent la masse rwandaise opprimée, pour qu’elle réclame la démocratie. Le système de Kagame est schyzophrène, et boitant. En effet, Kagame (comme Bagaza en son temps) a interdit de parler d’ethnies, pour favoriser, dit-il,  la citoyenneté rwandaise (« ndumuryarwanda »), mais en même temps, la campagne de « génocide contre les tutsi » a continué de plus belle. Ce qui en définitive porte à la conclusion que  seules les ethnies Hutu et Twa, n’ont pas le droit d’être citées au Rwanda. Kagame leur a enlevé l’existence politique; effacées!

Kagame dès lors voudrait un Burundi semblable, où les Hutu et les Twa disparaitraient des radars, pour laisser tout l’espace aux tutsi. C’est cela le motif de ses menaces proférées contre le Burundi déjà en 2013: »S’il y a génocide contre les tutsi, j’interviendrai ». Toutefois, le système burundais étant bien solide, Kagame et ses commissionnaires (principalement Tutsi rwandais grandis au Burundi: Muhozi, Gakunzi, etc.) ont entrepris une campagne médiatique de déstabilisation, pour faire accepter un génocide inexisant et impossible, qui justifierait son intervention. C’est la raison de la campagne actuelle, télécommandée de l’extérieur, dernier recours après les échecs des attaques armées et du coup d’Etat de mai 2015. Les propagandistes antiBurundi ont un point commun: ils veulent faire lire l’hisoire du Burundi à travers le drame rwandais. Il n’y a qu’un pas quant à dire dans un proche avenir que le Burundi est le Rwanda.

En conclusion, Kagame veut-il annexer le Burundi, faute d’avoir eu le Kivu ?

 

 

 

 

 

JUDAS ET PILATE EN TOURNEE EN AFRIQUE DE L’EST, POUR UN NOUVEAU GENOCIDE.

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Romeo Dallaire, le Judas du Peuple Rwandais
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Luoise Arbour, dans le role de Pilate, à la TPIR

Roméo Dallaire, Commandant de la MINUAR  au Rwanda en 1994, et Louise Arbour, présidente du tribunal pénal international sur le Rwanda (TPIR) sont retournés sur la scène du crime. Ces deux canadiens ont joué sciemment, mais pour le compte des puissances mandataires, respectivement le rôle de Judas et de Pilate pour le peuple Rwandais. C’est Dallaire qui a organisé l’infiltration du FPR dans la ville de Kigali, en utilisant les moyens de la Force onusienne; c’est lui encore qui a prédisposé l’abattage de l’avion du président Habyarimana, en fermant les pistes alternatives à l’aéroport de Kigali. Dallaire a pratiquement livré le peuple rwandais au génocide. Il n’est pas intervenu pour faire cesser les massacres, et ses supérieurs ont retiré la mission onusienne au moment où le Rwanda en avait plus besoin, et le FPR s’est livré au carnage sans témoins. Roméo est retourné au Canada, laissant derrière lui un million de morts, Hutu et Tutsi. De quoi s’enorgueillir pour le reste de sa vie.

Louise Arbour, magistrate, a été nommée par les mêmes puissances, pour pourchasser les survivants et compléter la destruction de la classe politique précédente par des jugements et des condamnations à la prison. Une Pilate qui se lave les mains mais laisse condamner des innocents. Car, comme le Tribunal découvrira plus tard, le génocide n’avait absolument pas  été préparé. Ce fut une explosion dû au vide d’autorité, après l’assassinat du Président Habyarimana.

Roméo Dallaire et Louise Arbour sont retournés dernièrement, pas en touristes, sur les lieux de leurs crimes en Afrique de l’Est, avec la mission de voir comment refaire une nouvelle édition, revue et augmentée de 1994.  Le Canada pense probablement au Burundi, puisque la campagne sur un « génocide » bat son plein. Un tissu de mensonges mais qui peut donner des prétextes aux ennemis du Burundi d’agir. L’important c’est que le peuple reste uni.

 

HYSTERIE COLLECTIVE CONTRE LE BURUNDI, MAIS L’UNITE RESISTE

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Vote pour les Sénateurs, Burundi 2010

Quand on surprend un grand Medium comme la Voix de l’Amérique (VOA) à violer, torpiller, triturer la vérité, pour faire dire à une image l’exact contraire de ce qu’elle signifie, alors, plus de doute, le Burundi est victime de l’hystérie collective de l’Occident. Le Burundi, un pays de superficie contenue, qui mange ce qu’il produit, content de son existence, sans velléités expansionistes, se retrouve au centre de furieuses attaques des USA, ONU, France, Belgique, qui tirent à salves rapprochées avec leurs canons médiatiques, RFI, VOA, RTBF, France 24;  mais le Burundi s’enroule comme un porc épic et résiste. Qui s’y frotte s’y pique.

Les raisons profondes de ce complot sont encore cachées: certaines seraient économiques, c’est-à-dire les minerais burundais qui risquent de filer à l’est plutôt qu’à l’ouest; d’autres seraient politiques: le Burundi qui entre dans le giron russe plutôt que belgo-américain; ou encore géostratégiques: le Burundi qui est un bouchon qui empêche l’Europe de déferler sur le Katanga comme en 1996, quand il y avait 3 présidents Hima (Museveni Kagame et Buyoya). La France, comme pour le cas de Kadafi, a peur d’une réaction en chaine: un état noir qui s’affranchit risque d’entrainer toutes ses colonies africaines dans la rébellion contre Paris, d’où les mille et une résolutions françaises à l’ONU contre le Burundi.

La raison apparente que ces pays prédateurs sont en train d’agiter, après avoir tenté sans succès des dizaines d’autres manoeuvres (soulèvement, coup d’état, attaques aux camps militaires, calomnies sur violences sexuelles, torture, etc…) c’est le risque de génocide contre les tutsi! Mais ils le font si maladroitement qu’à défaut de pleurer, on en rit. L’image de la VOA montre une phase de l’élection au Sénat de la République, qui se fait sur base ethnique comme le prescrivent les Accords d’Arusha. Et d’y ajouter une didascalie monstrueuse « UN: Violence, Hatred Against Burundi Tutsis Could Presage Genocide » [UN: Violence, Haine contre les Tutsi du Burundi pourraient présager un Génocide]. Comment l’élection de sénateurs tutsi se transforme en acte de haine contre les tutsi présageant un génocide ? Voilà pourquoi il s’agit d’une hystérie, dont nous chercherons à montrer les origines.

L’Occident lit la réalité burundaise à travers le prisme déformant des tragédies rwandaises. Comme si le Burundi n’avait pas d’existence propre ! Alors que historiquement, le Burundi et le Rwanda ont toujours été deux Etats rivaux, avec une organisation administrative très différente, et une histoire marquée par des guerres périodiques entre les deux. Les rois burundais préféraient aller faire des maitresses au Bushi (RDC) [Kilima], plutôt qu’au Rwanda. Mais de nos jours, Kagame a réussi un coup de maitre, en exploitant un génocide qui a emporté Hutu et Tutsi, au profit d’une seule ethnie, les tutsi. C’est d’ailleurs l’épouvantail que Kagame agite chaque fois que la Communauté Internationale l’apostrophe pour ses crimes. Il a surtout réussi à créer une mutation sémantique, jusqu’à faire correspondre, dans la tête des occidentaux, les deux paroles TUTSI  et GENOCIDE. On ne s’étonnera pas si dans les futures encyclopédies, pour dire le synonyme de « génocide » on écrira « tutsi ». Jouer à la victime pour les tutsi est devenu très facile.

L’opposition radicale burundaise est en train d’exploiter cette déformation, pour crier à qui veut l’entendre que puisqu’il y a des tutsi au Burundi, il ne peut y avoir que génocide! Une logique farfélue, invraisembable, mais que les européens éprouvent du plaisir sadique à relayer. Ils vont jusqu’à créer de fausses vidéos pour accréditer leurs mensonges [La video en Haoussa sur TV5 Monde, sur Karusi].    Et pourtant les tutsi au Burundi sont heureux comme tout un chacun. Les tutsi qui ont des problèmes, ce sont ceux qui les causent aux autres, c’est-à-dire ces jeunes qui ont adhéré aux rébellions armées, qui lancent des grenades, opèrent des assassinats ciblés, mitraillent les citoyens dans des cabarets. Et ceux-là, s’ils sont attrappés, ils ne sont pas punis parce qu’ils sont tutsi, mais parce que ce sont des criminels. Les hutu des rébellions sont traités de la même façon. Les terroristes qui ensanglantent la France et la Belgique ne sont pas poursuivis parce qu’ils sont MUSULMANS, mais parce qu’ils sont criminels. La religion comme l’ethnie n’ont rien à voir sur la scène du crime. Et pourtant au Burundi, l’ethnie est devenue un échappatoire pour l’impunité: « Je te tue, mais ne m’emprisonne pas, sinon je crie au génocide »; voilà la logique de l’opposition radicale.

Toutefois, le pays, comme depuis toujours. est habité par des « bagabo », des sages, hommes et femmes, Hutu et Tutsi, qui s’emballent peu, raisonnent, et cherchent ce qui unit plutôt que ce qui divise. C’est la raison pour laquelle les attaques multiples de l’Occident et ses émissaires ont fini dans le fiasco. Car l’Occident exploite chaque petite fissure pour terrasser les nations et les anéantir (Moyen Orient); au Burundi, ils s’essayent encore avec l’ethnie, mais vues les fractures du passé dont nous sommes en train de guérir, nous parions que les burundais ne voudront plus s’asseoir dans les chaises roulantes ou sautiller sur des béquilles. C’est pour cela qu’ils combattent pour marcher avec leurs jambes, librement, souverains, indépendants.

 

 

 

Médiation de la crise burundaise par l’EAC: l’opposition burundaise désorganisée et inefficace s’en prend au Secretaire Général

 Source: Bujumbura News
Depuis des mois plusieurs médias de l’opposition au pouvoir de Bujumbura ont pris en grippe le nouveau Secrétaire Général de l’EAC, l’Ambassadeur Libérat Mpfumukeko. Aussi, certaines grandes organisations internationales basées à Bujumbura et ailleurs cachent à peine leur soutien à cette campagne de dénigrement du SG de l’EAC. Mais pourquoi cet acharnement? Après diverses consultations, voici ci-après quelques éléments de réponse:

Première explication: Il est bien évident qu’avant même l’accès de l’Amb. Mpfumukeko au poste suprême de l’EAC, une campagne médiatique et diplomatique bien sophistiquée avait été menée à tous les niveaux pour empêcher le Burundi d’exercer son mandat à la tête de l’EAC; certains avaient même eu le culot de proposer la prolongation du mandat du SG sortant et originaire du Rwanda, le Dr Richard Sezibera. La confirmation du nouveau Secrétaire Général de l’EAC en provenance du Burundi est donc un échec cuisant pour certains, bref une pilule très dure à avaler.

Deuxième élément de réponse: L’opposition burundaise radicale installée notamment au Rwanda et en Belgique jouissait et jouit toujours d’un grand soutien du Rwanda. Sous l’influence de Kigali l’ancien SG de l’EAC avait multiplié des actions et mis en place un dispositif au sein de l’EAC pour mettre à genoux le pouvoir de Bujumbura; plusieurs personnes à l’EAC confirment que le dossier burundais était géré par 4 cadres dont 3 sont Rwandais et 1 Burundais, et …. tous de l’ethnie tutsie. Il s’agit de Messieurs Patrice Mulama, Steven Agaba, Benoît Bihamiriza et du rwandais né en Ouganda, Mr Joseph Birungi.

Juste après la nomination du Président Benjamin Mkapa comme « Facilitateur » par le Sommet des Chefs d’Etat de l’EAC en mars 2016, l’ancien SG de l’EAC lui a collé une équipe d’appui conduite par le rwando-ougandais Joseph Birungi! Le décor était ainsi planté pour que le Président Benjamin Mkapa ne soit qu’une marionnette….. qui, pour les stratèges et dirigeants de l’opposition radicale burundaise, allait leur permettre de ramasser le magot des négociations d’Arusha ainsi que des postes politiques de haut niveau à Bujumbura …. sans passer par des élections qu’ils sont encore incapables de gagner.
Mais voici que l’arrivée de l’Ambassadeur Liberat Mfumukeko, nouveau Secrétaire Général originaire du Burundi, changea la donne. Vers fin avril 2016, il nomme une nouvelle équipe pour appuyer le Président Mkapa; et elle ne comprend aucun Burundais ou Rwandais. Fini donc les rapports « bidons » ainsi que la propagande que l’EAC soumettait aux organisations internationales sur la crise burundaise. Et l’on dit que sans les mensonges et la dramatisation, les partis et autres organisations de l’opposition radicale n’auraient plus d’arguments qui tiennent la route.

Troisième élément de réponse: après consultation des Chefs d’Etat qui l’ont mandaté, le President Mkapa a, lors d’une rencontre qu’il a eue début avril, avec Jean Minani, Bernard Busokoza et Pancrace Cimpaye, annoncé qu’il n’invitera pas le CNARED. Une source très proche du President Mkapa m’a avoué que lors de cette rencontre avec eux à Dar es Salam, le Facilitateur a été très clair: les partis, organisations et personnes qui ne font pas l’objet d’un mandat d’arrêt au Burundi sont bienvenus au dialogue. Non pas que le Facilitateur ne veuille pas les voir (puisqu’il les a rencontrés à plusieurs reprises) mais parce qu’il sait bien que leur présence aux négociations ne serait pas tolérée par le Gouvernement burundais. Et les négociations sans le gouvernement et le Parti au pouvoir, le CNDD-FDD, seraient vides de sens. Toutefois, l’opposition radicale n’assume toujours pas que le Gouvernement burundais ait pu poser ses conditions pour participer aux négociations; l’admettre serait affirmer que le President Pierre Nkurunziza est plus fort qu’eux. C’est ainsi que certains, notamment le CNARED, ont opté pour la fabrication d’un mensonge crédible à l’intention de leurs militants: s’ils ne sont pas invités à Arusha c’est à cause du Secrétaire Général de l’EAC! Après vérification auprès de ceux qui ont été invités à Arusha en mai et juillet 2016, j’ai été très surpris d’entendre que le Secrétaire Général de l’EAC n’a jamais été une seule fois dans la salle lors des séances de médiation par le Président Mkapa. Pourtant, son prédécesseur était présent dans toutes les grandes rencontres entre le gouvernement burundais et les Partis et organisations qui lui sont opposés…

Quatrième élément de réponse: certaines grandes organisations internationales ont mobilisé beaucoup de fonds pour la résolution de la crise burundaise ou pour influencer le cours des choses en faveur de l’opposition radicale. Pour les dirigeants de ces organisations, ainsi que des pays cachés derrière ces dernières, le leadership de l’EAC dans la médiation est probablement un grand obstacle à leurs ambitions professionnelles et/ou politiques. Visiblement Messieurs BENOMAR (ONU) et le Professeur FALL (UA) sont de ceux- là. En effet, l’ONU a alloué plusieurs millions de dollars à la résolution de la crise burundaise mais jusqu’aujourd’hui Mr BENOMAR a refusé de donner un centime à l’EAC …. Pourtant les résolutions du Conseil de Sécurité précisent tous que le processus de médiation est dirigé par l’EAC et demandent à l’ONU et UA d’appuyer l’EAC. L’ONU et l’UA Burundi ont, conjointement, fait une proposition à l’EAC et au President Mkapa conditionnant leur appui par leur présence au sein de l’équipe de médiation; or la seule médiation prévue est celle pilotée par les seuls pays membres de l’EAC!

Peut-être que si la médiation de l’EAC « se casse la gueule », Mr Benomar pourra alors déployer au Burundi plus de 40 employés qu’il a déjà prévu d’embaucher et prolonger ainsi son mandat. Comme quoi « le malheur des uns fait le bonheur des autres »! En attendant on casse du sucre sur le dos de la médiation et de l’EAC.

Cinquième élément: Plusieurs observateurs ont remarqué que, depuis le début de la crise, l’envoyé spécial américain pour les pays des Grands Lacs, Tom Perriello, est très agité et viscéralement opposé au pouvoir de Bujumbura; c’est la nette impression laissée par ses conférences de presse et autres interventions publiques. On se demande si le gouvernement Américain n’a pas nommé un activiste à la place d’un diplomate. Toutefois, peu connaissent ses affinités avec l’opposition radicale burundaise! En effet, Tom Perriello a proposé d’aider la médiation du Président Mkapa sous condition que l’appui passe par le « Center for Humanitarian Dialogue » (CHD), une ONG basée en Suisse. Lors de la session de médiation à Arusha en mai 2016, Mr Perriello a présenté les représentants de cette ONG, incluant un certain Freddy Nkurikiye! Affilié à l’ancien boss des Services de renseignement du Président Pierre Buyoya, ce fameux Freddy est aussi le beau-frère du Représentant Légal de la Radio RPA (co-fondateur de cette radio avec l’opposant Alexis Sinduhije, etc.) et il est le frère de la journaliste Sandrine Nkurikiye dont l’image la plus connue est celle où elle est assise avec le Général Godefroid Niyombare pendant qu’il annonçait sur la radio RPA le putsch de mai 2015 contre le Président Pierre Nkurunziza.

Par ailleurs, des sources concordantes affirment que l’ONG CHD a conduit des sessions de « renforcement des capacités » en faveur des membres du CNARED avant leur rencontre avec le Président Mkapa à Bruxelles en juin 2016, puis en faveur de la « société civile » burundaise pour la préparer à la session de médiation d’Arusha en juillet 2016. Bref, plusieurs participants aux sessions de médiation ont fini par se demander pour qui travaillent réellement Mr Tom Perriello et certains de ses amis, dont Mme Danae Dholakia (Envoyée spéciale du Royaume Uni aux Grands Lacs … et ancienne habitante de Kigali – sic!), qui au vu et au su de tous ont joué le rôle d’encadreurs de l’opposition burundaise dans le même bâtiment où le Président Mkapa faisait son travail. Et certains n’hésitent pas affirmer que Mme Samantha Powell ne pouvant plus aider directement son ancien amant et associé (dans la radio RPA), Mr Sinduhije Alexis, qui est « blacklisted » par Washington… Tom Perriello est devenu son intermédiaire. Et Mr Perriello et ses amis n’ont jamais aimé une médiation de l’EAC qui ne met pas en avant le CNARED et d’autres organisations de l’opposition radicale qu’ils soutiennent; ils sont de ceux qui voudraient la torpiller et la déplacer vers d’autres organisations qu’ils contrôlent.

Si aujourd’hui les détracteurs n’ont pas encore osé attaquer ouvertement le Facilitateur ça ne va peut-être pas tarder. En attendant, certains voudraient tenter d’abord un démembrement du dispositif mis en place pour la médiation afin de l’affaiblir; c’est dans ce sens que le magazine The EastAfrican (connu pour son utilisation par les rwandais et l’opposition radicale) a médiatisé la proposition avancée par certains de créer un Secrétariat Indépendant de la médiation et d’éliminer ainsi le secrétariat général de l’EAC. En quoi ce processus de médiation serait dirigé par l’EAC (comme le prescrit la dernière résolution du Conseil de Sécurité) sans son implication? Les savants du « diviser pour régner » auront sans doute une réponse.

Docteur Elie NAHIMANA

Interview exclusive avec M. Isaie Kubwayo, ambassadeur du Burundi au Maroc

 

Isaie Kubwayo
Ambassadeur Isaie Kubwayo

Interview exclusive avec M. Isaïe Kubwayo, ambassadeur du Burundi au Maroc Spécial

Une semaine après la résolution du Conseil de Sécurité des nations Unies sur l’envoi de corps de police composé de 228 éléments au Burundi, Isaie Kubwayo, Ambassadeur burundais au Royaume du Maroc répond aux questions d’Afrique Progrès Magazine. Entre les raisons qui sous-tendent cette décision absurde à en croire les propos du diplomate et les motifs du refus du gouvernement de son pays et du peuple tout entier, M. Kubwayo ne laisse aucune zone d’ombre.

 

Propos Recueillis par Onésiphore Nembe, Directeur de Publication d’Afrique Progrès Magazine

 

Excellence pourriez-vous nous parler de la situation sécuritaire actuelle dans votre pays ?

D’une manière générale, la situation sécuritaire est bonne sur toute l’étendue du territoire burundais. De l’est à l’ouest, du nord au sud la population, dans sa diversité, toute profession confondue, vaque à ses occupations quotidiennes. Pour preuve, les différentes délégations qui ont visité le Burundi depuis janvier 2016 s’en sont rendu compte. Je citerais celle des 15 du Conseil de Sécurité des NU(21-22/1/2016), de son Secrétaire Général, Ban Ki-Moon(23-24/2/2016), la délégation de haut niveau de l’UA(25-26/2/2016), celle de du Bureau Exécutif de l’EAC, le Facilitateur Benjamin MKAPA désigné par les Chefs ‘Etat de la Communauté Est Africaine, celle de la Commission Paix et Sécurité de l’UA (22-25/6/2016), la liste n’est pas exhaustive. La plupart de ces délégations ont été reçues par le Chef de l’Etat, SE Monsieur Pierre NKURUNZIZA,  en province et non dans la capitale.

COMMUNIQUE DU GOUVERNEMENT A L’ISSUE DE LA VISITE D’UNE DÉLÉGATION DU CONSEIL DE SÉCURITÉ DES NATIONS UNIES 

COMMUNIQUE SUR LA VISITE DU CONSEIL DE PAIX ET DE SÉCURITÉ DE L’UA

AU HIGH LEVEL DELEGATION TO BURUNDI CONCLUSION STATEMENT

RAPPORT DE SÉCURITÉ EAC AU BURUNDI JUIN 2016

 

Compte tenu de la résolution 2303 qui vient d’être prise, on a l’impression que le Burundi a besoin d’une force pour le maintien de la paix, que dites-vous à ce propos ?

Le Burundi n’est du tout dans l’impasse. Il y a certes des pays qui voudraient que le Burundi soit le reflet de ce qu’ils veulent qu’il soit. C’est pourquoi le Burundi dont ils parlent dans leurs medias diffère de celui que j’ai décrit au début de l’interview : un pays sous tension à l’extrême pouvant basculer à tout moment en un génocide, où des cadavres jonchent les rues, une jungle pour ainsi dire. La résolution 2303 aurait été pensée pour ce pays-là. Tout compte fait, le fléau du terrorisme étant ce qu’il est de nos jours, le Burundi fait face aux actes sporadiques de terroristes qui malheureusement emportent des victimes innocentes. Des actes déplorables et condamnables auxquels les auteurs doivent répondre au même titre que leurs commanditaires.

 

 

Comment avez-vous  accueilli la nouvelle concernant cette résolution 2303 ?

Avec indignation, consternation et protestation. C’est un coup de massue contre le peuple burundais épris de paix et de démocratie, qui n’a fait autre pêché que celui d’élire ses propres dirigeants. C’est pourquoi dès qu’il a pris connaissance de l’information, il s’est aussitôt levé comme un seul homme dans une manifestation de rejet de la résolution 2303 qui ne fait qu’empiéter sur ses droits civiques et politiques.

Même son de cloche du côté du Gouvernement qui, par un communiqué a porté à la connaissance de la communauté nationale et internationale son désaccord quant à l’envoi des 228 policiers des Nations Unies.

 

COMMUNIQUE DU GOUVERNEMENT SUITE A L’ADOPTION PAR LE CONSEIL DE SÉCURITÉ DE LA RÉSOLUTION 2303 DU 28 JUILLET 2016 

 

Pourquoi le gouvernement burundais s’est opposé à l’arrivée de cette force de police ?

 

En sa qualité d’organe principal des Nations Unies, le Conseil de Sécurité doit veiller au respect de l’application de la Charte de l’Organisation. En l’espèce ça n’a pas malheureusement été le cas. 1°Le Burundi aurait été au préalable consulté et son consensus donné de façon explicite. 2° la décision prise lui semble anachronique : la situation sécuritaire ne nécessite pas l’intervention d’une force étrangère. 3° Une telle intervention devrait respecter la souveraineté du pays concerné.

 

Dans un autre registre, le Burundi a suivi le déploiement des forces tant onusiennes (MINUAR) que françaises (opérations Amaryllis, opération Turquoise) en 1994, au Rwanda. La conséquence fut le génocide qui s’en est suivi. Au regard d’une situation où un  génocide tant décrié au Burundi mais qui n’a jamais eu lieu, l’envoi de cette police onusienne en serait le détonateur.

 

Sous-entendriez-vous que certains pays essayent de déstabiliser le Burundi ?

Le Burundi n’a que des amis. Rien que pour le cas de cette résolution, M.Jean-Marc AYRAULT, Ministre  français des Affaires Etrangères et du Développement International, dans sa déclaration, parle d’un intense travail de négociation conduit depuis plusieurs mois par la France pour parvenir à un tel résultat. La Belgique ne cache pas sa sympathie aux putschistes et à tous qui ceux qui se déclarent hostiles aux instituions républicaines démocratiquement élues. Le Rwanda recrute des burundais dans les camps des réfugiés (celui de Mahama est souvent cité) forme et encadre des escadrons de la mort pour la déstabilisation du Burundi. Ces faits que je vous énonce ont été illustrés par des rapports.

RAPPORT UN SUR LES RECRUTEMENT DES REBELLES …

RAPPORT REFUGEES INTERNATIONAL SUR LE RECRUTEMENT DES REBELLES 

 

Je terminerai avec cette réflexion en trois points.

1°En matière de sécurité dans le monde aucun pays n’est à l’abri, pas même la France qui a proposé cette résolution pour le Burundi. Charlie Hebdo en passant par le Bataclan à l’assassinat du Père Jacques Hamel, la liste est longue, Il est plutôt urgent pour l’Ambassadeur de France à l’ONU de plaider pour une police onusienne en vue de sécuriser la population française.

2° Les actes que la France a perpétrés en Afrique sont suffisamment connus. Pour nous, il est temps qu’elle s’occupe de ses oignons.

3° Le Gouvernement du Burundi n’acceptera jamais que son peuple soit immolé sur l’autel de la réconciliation de certains pays qui voudraient bien penser les plaies de leur histoire.

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Onésiphore NEMBE

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BURUNDI: L’ADMINISTRATION MET DE L’ORDRE DANS LA MAISON

Depuis le mois de juillet, des mesures salutaires sont  prises, pour maitriser véritablement les secteurs de la vie nationale, et pour répondre aux exigences de la situation post crise.

La première mesure concerne le marché des devises. Comme dans tous les pays, les échanges suivent les prix fixés par la bourse et non par le marché noir. L’éradication du marché clandestin permet à l’Etat de gagner sur l’échange et à stabiliser le cours de change. Il serait aussi utile (comme cela se fait en Tanzanie), de faire déclarer les devises en possession à l’entrée du territoire, recevant un reçu, et justifier les échanges faits durant le séjour, à la sortie.

La deuxième mesure regarde les forces de l’ordre: une vingtaine de brigadiers viennent d’être révoqués, sûrement pour inconduite. Le Ministère de la Sécurité publique lance un signal fort aux policiers, pour qu’ils se mettent au service de la population, et non contre elle.

La courageuse décision de ne pas exporter les produits vivriers vers le Rwanda a été aussi utile: on se bat avec les moyens qu’on a. En effet, le Rwanda s’évertue à semer la pagaille au Burundi, en envoyant des escadrons de la mort,  profitant de la fluide mobilité entre les deux pays. N’était-il pas nécessaire de prendre des mesures adéquates, pour contrôler les frontières, et pour ne pas nourrir l’ennemi ? Du reste, l’arrêt de l’exportation des aliments de  première nécessité a eu comme effet immédiat la baisse des prix sur le marché intérieur, et la satisfaction des consommateurs nationaux. Il faut d’abord rassasier ses propres enfants avant de faire manger ceux des voisins. Toutefois, nous recommandons aux investisseurs de créer de petites unités de transformation de nos produits, pour qu’ils soient conservés, et pourquoi pas exportés. Nous pensons par exemple à la fabrication de sauces tomates, qui est une opération très simple.

Enfin, la Ministre de la Justice avait annoncé la suspension d’un certain nombre de magistrats corrompus. Une justice transparente et droite contribue à maintenir un climat de sérénité dans le pays.

 

TEMOIGNAGE D’UN SINDUMUJA QUI RENTRE AU PAYS: « A BUJUMBURA CE SONT LES AMSTELS ET LES PRIMUS QUI SUBISSENT LE GENOCIDE »!

 

Francois CizaÇa faisait 15 ans que j’ai quitté le Burundi pour m’installer en Europe plus précisément en Belgique. Dans ma petite cervelle, l’image réelle et vraie du Burundi était celle de l’époque de Pierre Buyoya, celle du règne de l’autre Pierre, je ne l’avais que par internet et réseaux sociaux.

Nous sommes en juillet 2016, l’envie d’aller au Burundi voir mon papa qui vieillit dangereusement prend le dessus, mais comment m’y rendre alors que l’image du Burundi dans les médias internationaux, sur internet, sur les réseaux sociaux, dans la bouche de l’opposition burundaise,  dans les milieux  politiques et organisations occidentaux, est  un pays au bord du gouffre avec un pouvoir au pied du mur, un pays où le génocide est en cours, un pays où il faut des policiers et des militaires onusiens pour secourir et protéger la population en détresse ? Comment m’y rendre alors que dès le départ j’avais pris part  aux différentes manifestations anti 3eme mandat organisées en Belgique ? Je risque d’être « lessivé ». Entre temps mon vieux papa insiste, il faut que j’aille le voir tant qu’il respire encore. Mon cœur balance, balance, et balance.

Je décide de partir à mes risques et périls, mais avant d’acheter le billet d’avion, je m’informe auprès d’un ami à moi qui est membre influent du CNDD-FDD, je lui fais part de mon désir de faire un saut au Burundi et mes inquiétudes y relatives. Très content de m’entendre parler de mon voyage au Burundi, il est en même temps surpris. Il tente de me rassurer par tous les moyens possibles. En ma présence, il prend son  téléphone et appelle  un  VIP  (very important person) à Bujumbura en lui disant en Kirirundi  « Amahoro chefu, aha ndikumwe, numugenzi wanje ari muri bamwe bataye umurongo, ngo ni ba sindumuja, yagomba gusimbira aho i Bujumbura, none nagerageje kumuhumuriza ko atangorane azogira mais mbona agifise akangonongono sinzi ko womfasha kumwumvisha ko tout va bien au BURUNDI ». Evidemment, ils ont compris mes inquiétudes et en même temps ils m’ont rassuré. Sur parole, je les ai crus.

Je dois alors acheter mon ticket d’avion, j’hésite entre SN Brussels qui arrive vers 19 heures à Bujumbura ou ethiopian airlines qui arrive vers 13 heurs. Je préfère SN Brussels pour passer inaperçu car à 19 heures, il fait obscur à Bujumbura.  Pas question de m’exposer au soleil de Bujumbura aux yeux de tout passant, on ne sait jamais. Je prends mon passeport belge et mon ticket d’avion, je me rends à l’ambassade du Burundi à Bruxelles pour demander le visa. Dès que j’entre dans l’ambassade, je suis étonné par deux choses : d’abord le nombre impressionnant des demandeurs de visa permis lesquels certains « sindumuja » comme moi, on se regarde, on se salue et on murmure « na wewe ugiye i Bujumbura ? ». Là j’ai compris que finalement  les burundais sont à craindre, même parmi les « sindumuja », chacun a son agenda, chacun a son but, chacun a son chemin, chacun a ses secrets que l’autre ne sait pas. Autre chose qui m’a étonné, c’est le traitement de la demande de visa qui ne se fait plus sur place. Désormais les demandes sont envoyées à Bujumbura pour traitement, ce n’est donc pas  gagné d’avance. Heureusement que mon départ était un peu plus loin. Je devais attendre la décision d’octroi de visa en toute sérénité.

Le jour J arrive, je pars.  Dans l’avion, j’entends des conversations en Kirundi, je ne suis pas le seul, mais j’ai un sentiment mitigé sur ce qui va m’arriver au Burundi et sur ce que je vais voir. A 19 heurs 15 min, nous arrivons à l’Aéroport international de Bujumbura, peur au ventre, je descends de l’avion, je fais mes premiers pas sur le sol burundais, je respire profondément l’air pur, l’air bio  de mon pays d’origine. Je prends mes bagages et une voix m’appelle, c’est un ami d’il y a longtemps qui travaille à l’OBR,  il fait semblant d’inspecter mes bagages, on s’embrasse, on papote, on rigole, il me présente à ses collègues hutu et tutsi. Ça commence bien.

Je sors avec mes bagages, je trouve une foule immense venue m’accueillir, les amis, les copains, les cousins, les cousines, les neveux, les nièces, les tontons, le je suis ébahi, ce n’est pas possible ! Tous sont enthousiastes, bien habillés et  bien à l’aise. J’évite de poser des questions, j’ai hâte de voir mon papa. Mon tonton me prend la main et m’informe du programme à suivre (on dépose les bagages à la maison, ensuite, on va prendre un verre dans un bar etc..). Je lui réponds automatiquement que je ne suis pas d’accord parce que le pays est au bord du gouffre, le pouvoir est au pied du mur, que la sécurité est pratiquement inexistante etc… Il me regarde, il rigole, et il me dit, mon fils, ça c’est le Burundi  de l’Europe que tu me parles, monte dans la voiture et tu vas voir.

Nous quittons l’Aéroport à 20 heures 50 min direction Mutanga nord. Pour me montrer le vrai visage de Bujumbura, nous prenons l’itinéraire de Buterere, Mutakura, Kinama, kamenge, boulevard du 28 Novembre, Mutanga Nord. Moi qui me disais que la nuit, Bujumbura est foutue, je tombe des nues quand je vois combien des gens circulent dans les quartiers, les bistrots remplis, le commerce au bord des routes est dense, des va et viens de la population, c’est  incroyable. Non je n’en reviens pas, ce n’est pas le Bujumbura qui était dans ma tête. 21 heures 35 min,  nous arrivons à la maison, afin, je revois mon cher papa 15 ans après. L’émotion est grande.

X temps après, nous partons prendre un verre dans un bistrot à 3 km de la maison, nous prenons place, il y a beaucoup de monde, surtout des fonctionnaires et des commerçants. Je regarde à gauche, à droite, devant et derrière, j’avais vraiment peur qu’on nous lance une grenade ou qu’on nous tire dessus.  Viens le moment de faire une commende, et là j’entends mon oncle qui dit avec un ton autoritaire « Wewe upima, nyaruka hano », le barman arrive le dos courbé (par respect ou par crainte, je sais pas). « Tuzanire ico kunywa sha, kandi unyarutse, attention unzanire Amstel imeze neza, ikanye kumategeko, kandi iri consigné, hama uce uhamagara veterinaire nawe aze hano ». Là, j’ai compris que le Burundi n’a pas changé, et automatiquement mes habitudes européennes ont commencé à s’envoler. Après avoir pris un verre, deux verres, trois verres, une brochette, deux brochettes, c’est fini les idées d’un  Burundi qui brûle, c’est fini les idées d’un Burundi au bord du génocide, j’ai eu comme impression que ce sont surtout  les Amstels et les primus qui subissent  véritablement le génocide.

Les jours suivants, j’ai vadrouillé dans tous les quartiers de Bujumbura, des belles maisons ou villa, des routes tracées et pavées. Beaucoup de choses ont changé, mais Buyenzi n’a pas changé, toujours et toujours les garages et le même bruit de moteurs et de carrosseries, la même ambiance.  J’ai rencontré des amis, des anciens collègues, j’ai discuté avec des partisans du pouvoir et de l’opposition, leur unique ennemi  commun est la soif.   Je suis allé à l’intérieur du pays Kayanza, Ngozi,  Muyinga, Gitega, Bururi et Makamba. La préoccupation de nombreux paysans n’est pas le  changement du pouvoir de Pierre Nkurunziza, mais plutôt de comment s’adapter au changement climatique  pour améliorer la récolte.  J’ai vu de mes propres yeux que le Burundi de l’Europe en général et de Bruxelles en particulier est très opposé à celui que j’ai observé.  Je ne dirais pas que tout est rose parce que la population a augmenté sensiblement, alors que vivant de l’agriculture, les terres deviennent de plus en plus rares et non fertiles et le climat n’est plus tendre, d’où un maque d’autosuffisance alimentaire.  Beaucoup de jeunes diplômés qui ne trouvent pas d’emplois ce qui crée un mécontentement car tous voient l’Etat comme seul employeur. La vie est très chère à Bujumbura et il y a plus de voitures que les habitants, l’embouteillage est un casse-tête. Quant à la sécurité, la situation est vraiment sous contrôle même si des assassinats ciblés ne sont pas à négliger.  Mais en termes de peur et de panique, les habitants de Bujumbura ne les vivent pas plus que les habitants de Paris ou de Bruxelles.

Pendant mon séjour au Burundi, j’ai constaté que le peuple burundais hutu et tutsi  est fatigué par les politiciens  qui les chauffent et quand ça chauffe effectivement, ils prennent le large vers l’Europe, laissant dans le pétrin leurs disciples paysans.  Mais comme la politique est ainsi faite, seuls les plus résistants aux démagogies politiques peuvent s’en sortir.

En gros, je n’ai pas changé d’avis sur le 3eme mandat de Pierre Nkurunziza, le mandat que je qualifie de trop, mais j’ai changé ma perception sur le Burundi. Le Burundi n’est pas en guerre, le Burundi n’est pas au bord du gouffre, il y a pas de génocide en cours, le pouvoir de Bujumbura n’est pas du tout au pied du mur. Le reste ce n’est que spéculation de la politique purement politicienne.

Jean François CIZA

FRANCE ET BELGIQUE, EN MAILLOTS CNARED, CONTRE LE BURUNDI

Dans une lettre d’adieu en kirundi, Audifax Ndabitoreye avec son ONG Charisma, vient de se retirer officiellement du Cnared. Il dit avoir écrit expressément en kirundi, parce que les problèmes des burundais doivent être résolus par les burundais eux-mêmes, et que la demande d’aide extérieure, si nous n’y prenons pas garde, risque d’empirer la situation. Ici il pointe du doigt sans le dire, à l’inféodation du Cnared à la France et à la Belgique, qui l’utilisent comme une marionette, dont le résultat final sera la démolition du Burundi, comme ce fut pour la Lybie, la Syrie, l’Irak et ailleurs.  Audifax invoque comme raison de son retrait, vouloir respecter la vie humaine, qui a son origine en Dieu, et pour la sauvegarde de laquelle Dieu indique les voies et moyens. Un peu pour dire qu’au Cnared, ils agissent comme des sans foi ni loi.

Ce retrait est pratiquement une accusation contre le Cnared, qui organise des assassinats à partir du Rwanda, et la goutte qui a fait déborder le vase étant le  meurtre de Hafsa Mossi le mois dernier. Audifax, qui a un petit mouvement politoco-religieux ne réussit pas à concilier cette politique des meurtres et sa foi; il a donc choisi de se retirer.

Ces derniers jours certains membres du Cnared, dont Nditije, ont en effet prôné publiquement  les massacres à grande échelle pour contraindre le Président Nkurunziza à partir. Ils appellent cela le « coût en vies humaines ». Certainement Audifax ne veut pas en porter la responsabilité.

Beaucoup d’indices montrent que cette « queue sans tête » appelée Cnared, ou plutôt la France et la Belgique habillées en maillots marqués « CNARED », sont   en train de préparer, une invasion armée et des massacres qu’ils reconnaitront tout de suite comme génocide.  Il suffit de penser à cette ridicule et mensongère campagne des journalistes, pour susciter la compassion de l’opinion; un Jean Bigirimana qui « disparait », et dans le même après midi les médias pro-cnared lancent déjà l’alerte! Il était une cobaye bien choisie, à sacrifier pour promouvoir la cause des extrémistes: un Hutu et un journaliste. Tandis que pour camoufler le crime, les journalistes et activistes Tutsi sont en train de mettre en scène des attaques improbables sur leur personne, qu’ils publient naturellement sur les réseaux sociaux et sur RFI, pour faire croire que l’Etat burundais pourchasse les journalistes jusque dans leur retranchement. La résolution française 2303 est une provocation malheureuse de ce pays, en soutien au Cnared, qui pratiquement n’existe plus que de nom. Le gouvernment du Burundi ne se bat pas contre le Cnared, mais contre la France et la Belgique.

Mot d’ordre: résister, résister, résister.