LE CORNARED, VIDE ET ENCOMBRANT

acornesQuand un burundais a peu d’espace pour accueillir son hôte, celui-ci s’exclame « ne t’en fais pas, la place me suffit,  je n’ai pas de cornes ». L’image provient des vaches dont les cornes longues et déployées les empêchent de passer aisément à travers les portes normales.

Ces jours-ci, l’assemblage qui s’appelle CNARED, après le départ de plusieurs associés semble  la paire de cornes sèches d’un boeuf abattu et mangé l’année dernière. Oui, ces cornes que nous avons tous vues dans nos maisons, qui servaient autrefois pour conserver certains petits objets. Ces cornes toutefois ont leur extension, on ne les déplace pas comme on veut. Elles sont vides et encombrantes. C’est malheureusement la réalité du CNARED, qu’on pourrait aisément nommer CORNARED. Ses membres, du fait qu’ils sont légers et insignifiants, veulent être accueillis avec le nom pompeux de CNARED, alors qu’ils ne peuvent pas passer dans la porte d’Arusha. La sagesse des temps modernes nous enseigne que pour porter de grandes armoires dans une chambre, on les démonte au bas de l’escalier, on les transporte pièce par pièce, et on les recompose dans le lieu voulu. Les américains, les russes et les européens sont en train de construire la Station Spatiale Internationale; à chaque vol ils portent un module qu’ils ajoutent aux précédents. Même nos oiseaux sont plus sages du Cnared; ils ne construisent pas leur nid par terre pour le porter en entier sur l’arbre, ils s’envolent avec des brindilles qu’ils tissent avec expertise jusqu’à la fin de l’oeuvre.

Le CNARED lui s’entête à être  porté à Arusha comme tel, alors qu’il n’a pas de reconnaissance légale, ni au Burundi, ni en Belgique.  Cela signifie que son intérêt n’est pas le dialogue, mais probablement l’exhibition, pour acquérir une reconnaissance de fait.  L’arithmétique de première année primaire nous dit que 1+1 =2; un homme + sa femme =  un couple. Mais quand ils doivent entrer dans une salle, ils n’exigent pas de passer le seuil en même temps ! Quelqu’un passe en premier, l’autre suit et à l’intérieur le couple se recompose.  Cela montre à quel point le CNARED (LE CORNARED) est déphasé; ses membres ne savent plus compter.  Puisqu’ils sont en Belgique, ils  doivent avoir pris la mauvaise habitude des Dupond (cf Tintin), de marcher toujours côte à côte. Mais en politique, comme dans la vie, si les cornes ne peuvent pas entrer dans la maison, elles restent dehors.

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