GRAND BALLET DIPLOMATIQUE, JOIE AU COEUR DE L’AFRIQUE

abankimoonLe coeur est un organe très petit, et pourtant toute la vie passe par là. Le Burundi, coeur de l’Afrique, semble petit; on le dit même parmi les pauvres, et pourtant tous les grands de ce monde s’intéressent à nous. Sur notre sol est caché un trésor immense que nous ignorons. Après la délégation des Nations Unies, conduite par Samantha Power, c’est le Chef en personne, Ban Ki Moon,  qui a fait le déplacement ce 22 et 23 février. Une équipe de Chefs d’Etat Africains est attendue chez nous, conduite par Jacob Zuma, le Président Sud Africain. De ce ballet diplomatique sans musique, on engrange une première grande victoire politique: la reconnaissance par les Nations du Président Nkurunziza que le peuple a élu. L’opposition radicale qui comme on le voit, a plus de cris que de consistance, s’était convaincue que la base du dialogue serait le départ du président Nkurunziza. Par contre, l’ONU et les USA le traitent avec respect et l’invitent à faire des réformes. La deuxième grande victoire est la désintoxication médiatique des grands décideurs, au contact avec la réalité burundaise. Les conspirateurs Sindumuja, de longue date avaient infiltré les médias internationaux, y avaient placé leurs pions (Pauline Simonet, Gakunzi David, etc.), avaient  suggéré des sujets pour films (le Génocide au Burundi), s’étaient créé un cadre légal de grande renommée comme toile de fonds (Maingain, Tribunal Russel). Le résultat est que le monde entendait ce que ces Sindumuja voulaient qu’il entende: des mensonges. Comme disent les français, à beau mentir qui vient de loin; la délégation de l’ONU a trouvé un pays tout à fait différent des tableaux apocalyptiques dépeints par les ennemis du Burundi. Sûrement même Ki Moon se sera étonné de ne pas trouver une ville en feu et des cadavres sur la route, ou tout au moins une population apeurée. Si le Secrétaire de l’ONU était venu au temps des camps de concentrations imposées par Buyoya, il aurait vu une tout autre scène. Les chefs d’Etat qui sont sur le point d’arriver, feront aussi leur expérience positive du pays.

Toutefois, se poser des questions est légitime. Ce ballet diplomatique cache certainement un agacement de certaines puissances, qui auraient aimé voir chavirer le navire Burundi, mais qui sont contraints de le voir voguer. Les pirates sindumuja qu’ils avaient payés grassement n’ont pas réussi à faire l’abordage. Faut-il les faire monter à bord maintenant, comme conseillent ces émissaires des Nations, ou les laisser errer sur la mer du monde ? Je crois qu’avant toute action politique il faudra vérifier si tous nous entendons la démocratie de la même façon, c’est-à-dire, comme disait  Jean Jacques Rousseau, un contrat par lequel le peuple délègue son pouvoir à des personnes pour l’exercer en son nom. La démocratie ne consiste pas en un consensus général, mais en celui de la majorité politique. La minorité politique, c’est-à-dire celle dont le programme n’a pas convaincu le peuple souverain, doit s’opposer sans violence. Le drame du Burundi est que certains acteurs politiques, et en particulier ceux de l’opposition, conçoivent la démocratie comme une arène de combat à mort, entre gladiateurs. Elle n’est pas ça. La démocratie est plus proche à un match de football: on s’entend sur le règlement, on joue, une des équipes gagne, l’autre perd aujourd’hui, sachant qu’elle peut gagner demain…  et s’il s’agit du Barcelona, on acclame sa bravoure mais on ne se met pas à lui lancer des grenades! S’il s’agit du CNDD-FDD, on s’incline devant sa popularité et il ne sert à rien de s’en prendre à la masse en leur lançant des grenades.

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