VRAI GENOCIDE CONTRE LES HUTU EN 1972: TEMOIGNAGE D’UN SURVIVANT

 

HISTOIRE VRAIE D’UN GÉNOCIDE COMMIS AU BURUNDI: Le génocide contre les Hutus en 1972 – Par Frederic Nzeyimana

Le génocide contre les Hutus en 1972, Premier génocide enregistré en Afrique de l’Est avant celui du Rwanda

ATTENTION A : Maitre Bernard Maingain (avec copie pour France 3).
Cabinet Maingain, Rigaux & Gomree, Fax : 00 32 2 663 30 91, E-mail : bm@xirius.be

OBJET : Témoignage de Fréderic Nzeyimana sur la disparition de son père Ndimbane.

Monsieur Maitre Maingain,

De toute évidence, vous souhaiteriez raconter une histoire vraie d’un génocide commis au Burundi ? Si c’est le cas, pas besoin de mentir. Ni faire des montages. Nous, membres du Collectif des Survivants et Victimes du génocide Hutu de 1972, avant et après, allons vous en fournir. Nous ne racontons pas des histoires. Nous n’inventons rien. Nous témoignons. Sur ce que nous avons vu et vécu. Dans notre chair. Afin que ce génocide soit reconnu. Que justice soit faite. Et que des responsables soient punis un jour.

À partir du 29 avril 1972, le régime militaire de l’époque au Burundi à dominance Tutsi, dirigé par le colonel Michel MICOMBERO, a organisé les arrestations, l’exécution et la disparition des hommes et des femmes de tous âges, dont l’unique crime était d’être nés de l’ethnie Hutu. Des centaines de milliers d’innocents, dont la mémoire est occultée reposent toujours dans des fosses communes. On parle d’environ un demi-million de tués en 1972.Dont mon papa Térence Ndimbane. Enseignant à l’école primaire de Musongati, province Rutana. Tués dans des circonstances similaires au montage mensonger que vous venez de retirer des ondes. Un autre montage quoi. De Tutsi qui auraient été tués par des « Hutus génocidaires » afin de trouver un prétexte pour éliminer tous les Hutu éduqués et autres ciblés sur tout le territoire national. . Quelque part à Rumonge (sud du Burundi) Vous pouvez la raconter celle-là à la télévision. Elle est vraie. Vous en recevrez des centaines de milliers d’autre venant de partout dans le monde. Similaires au mien que je vous envoie avec une centaine d’autres. Les autres membres du collectif m’ont promis de vous faire parvenir les leurs. Et ils tiendront parole. Afin que vous appreniez à ressentir, ne fut-ce qu’un peu, la douleur de ces autres ».

J’avais 11 ans et en cinquième année primaire quand, vers 11 heures dans la matinée, une camionnette Peugeot 404 de couleur blanche, est arrivée dans la cour de l’école. C’était l’inspecteur des écoles primaires. Il invite tous les enseignants de l’école à participer à une réunion d’urgence. Puis donne congé à toutes les classes pour le reste de la journée. La réunion, avait lieu au chef-lieu de la commune plutôt qu’à l’école même. Six classes, avec Six enseignants. Quatre d’ethnie Hutu et deux d’ethnie Tutsi. Justin et Theodore. Finalement la réunion dura plus d’une journée. Puis plus d’une semaine. Puis plus d’un mois. 44 ans après, mon père n’est toujours pas rentré de la réunion. Des six enseignants de l’école primaire de Musongati, aucun des quatre Hutus n’en retournera. Seuls les deux enseignants Tutsi reviendront et reprendront du travail. D’autres enseignants Tutsis seront envoyés pour remplacer les quatre enseignants Hutu disparus. À JAMAIS.

En mémoire de mon père Ndimbane Terence

Frederic Nzeyimana, son fils,
Coordonnateur International
Collectif des Survivants et victimes du génocide Hutu de 1972 (avant et après)

Gatineau-Ottawa, le 18 Janvier 2016

 Source: Burundi-24

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