BURUNDI – BELGIQUE : INVITATION A MODERER LE TON

La première évidence est qu’une tension entre la Belgique et le Burundi existe, et elle a été allumée par la Belgique elle-même. Quand le Burundi est entré en crise suite à une mésentente politique (ça arrive à tout le monde !), la Belgique s’est érigée sur son ergot d’ancien colonisateur et s’est tout de suite melée de l’affaire, avec des déclarations et des actions éversives. En effet, elle a soutenu les auteurs du putch manqué et  les manifestations violentes. Elle a coupé son aide et a poussé pour que toute l’Europe fasse de même. L’invitation du Burundi par l’Union Européenne au dialogue s’est faite sous forme d’ultimatum, ce qui dénote le mépris envers un pays souverain. Et pourtant la Belgique a tort, parce que les institutions en place à Bujumbura représentent  plus de 95% de la population, si on compte le CNDD-FDD,  le FNL,  l’UPRONA et d’autres petits partis satellites. Donc la Belgique, quantitativement parlant, ne soutient rien. Le CNARED et les Sindumuja sont des coquilles vides. Mais elles ont une capacité de nuisance, comme le poison, qui d’habitude se pèse en gouttes et non en tonnes. Ils sont comme les NEONAZIS, partis peu représentatifs, mais épine dans le pied des démocraties occidentales. Quel pays africain se mettrait à soutenir ces néonazis ou les anarchistes qui sont sur le territoire européen ?

Le Burundi donc, face à ces attaques continues a fini lui aussi par adopter dans certaines circonstances un ton décidé, qui n’a bien entendu pas plu, ni aux belges ni à l’Occident. La preuve, c’est l’interprétation des textes des communiqués du Parti CNDD-FDD dans un sens négatif qui puisse confirmer les préjugés européens. Par exemple, ils ont collé à un texte du parti  le mot « genocide » qui n’apparait nulle part, parce qu’il a été répété ad nauseam par les opposants radicaux  depuis deux ans.  Le « génocide » est en effet le rameau sur lequel ils s’agrippent pour ne pas se noyer parce qu’ils n’ont aucun argument politique, vu qu’en 2010 et en 2015 ils ont boycotté les élections.

L’énervement du Burundi est donc compréhensible. Toutefois, les burundais sont légendaires pour leur sang froid, et la colère est mauvaise conseillère. C’est pour cette raison que nous invitons les belges, et surtout nos dirigeants burundais à se calmer, à opposer de la « hauteur » (comme a dit Mr Willy Nyamitwe) aux magouilles occidentales. L’Occident lui aussi n’est pas immunisé contre les crises et les catstrophes, comme nous le voyons; il finira peut-être par nous comprendre. Et de toutes façons, avant le dialogue, il faut toujours modérer le ton, autrement les protagonistes ne s’entendent pas.

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