ROME: MESSE EN MEMOIRE DU GENERAL ADOLPHE NSHIMIRIMANA

ado2 « Les morts ne sont pas morts », une réalité qui se vit aussi à Rome pour le cas du Lieutenant Général Adolphe Nshimirimana. La famille et les amis de cette figure de la libération, assassinée en date du 02 Aout 2015 dans une attaque à la roquette avaient voulu lui rendre éternel dans cette capitale éternelle à travers une messe et des témoignages.

ado10La célébration de la messe a commencé à 15 :30 dans les enceintes de la Ponticifia Università Teresianum, structure des années 1950. Au cours de la messe célébrée en Kirundi dans toutes ses parties, étaient présents les religieux comme des laïcs de toutes les catégories sociales sans oublier quelques enfants. « Vu que le Général Adolphe Nshimirimana avait noué une alliance avec Dieu à travers les sacrements = gupfundikanya agashambara hamwe n’Imana », nous voilà ici réunis pour prier afin que Dieu accueille son fils dans son règne, a-t-on entendu du prête. Invitant de ne pas faire la différence en priant aussi pour ceux qui sont morts dans ado11cette crise, il s’est indigné du comportement polèmogène des Burundais en « Qui a ensorcelé les Burundais ne s’était pas lavé les mains = Uwaroze Abarundi ntiyakaravye ». « Hier, c’était Nshimirimana Adolphe. Aujourd’hui, c’est moi. Demain, c’est toi ou un autre », a continué le prête dans ado4une condamnation des assassinats ciblés du temps présent.

Ne perdant point les usages culturels comme fondement de tout peuple, l’après–messe a continué autour d’un verre afin que ceux qui étaient venus puissent être moralement à coté du membre de la famille du défunt. Dans cette deuxième partie de la circonstance, ado8les lieux et les Burundais ont été bénis ainsi que le « repas ». La prière « notre père qui est aux cieux » a retenti dans cette salle où la photo du Lieutenant Général et un gerbe de fleur circonstanciellement confectionné étaient placés devant la table d’honneur.

Avec l’avancée de la soirée, des témoignages ont été entendus sous ado6l’invitation de l’un des organisateurs de la prière et qui passait les paroles à l’assemblée. Témoignage oculaire comme expression d’une responsabilité et non comme art poétique, il a été demandé à quiconque veule prendre la parole de certifier ce qui l’a vu et vécu de ses propres yeux du vivant de ado7Nshimirimana et non de ce qui l’a lu ou entendu. La personnalité d’Adolphe, les œuvres de développement faites, la paie d’une dette sanitaire des personnes indigentes, la participation dans la restructuration de l’église de Gitega, célébration de mariage dans une sobriété, capacité d’écoute, simplicité d’un général bien qu’il soit craint par certains qui ne l’ont jamais côtoyé, paie régulière de sa dime ou 10% de son salaire, aide aux élèves,…. pouvait-on entendre dans les interventions des témoins.

Prenant la parole à son tour pour témoigner, le membre de la famille directe du défunt a premièrement remercié tous ceux qui l’ont soutenu pendant ces moments d’épreuve ainsi que ceux qui se sont investis dans l’organisation de la prière. « Est mon ami celui qui est ami de la croix », a synthétisé le membre de la famille en témoignant de ce que lui disait Adolphe de son vivant. Ici la croix n’est autre chose que le Burundi, a éclairci de témoin intervenant concluant que son témoignage pouvait bien durer mais qu’il nous en épargne, vu le rapport familiale qui existe entre eux.

La soirée s’est close dans une atmosphère soutenue malgré les circonstances en question où l’unique parole est permise sans oublier l’adage culturelle que stipule que «  inzoga y’ugukaraba ntiyongezwa = pas de bis pour une bière de levée de deuil». En observant les rites culturels, le Lieutenant Général Adolphe Nshimirimana reste dans les mémoires des gens. De ce qui l’a fait au peuple et à la Nation Burundaise, il est inoubliable. Un héros, donc?

 

 

 

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