NOIRS MENTEURS: DE BUGINGO A BUJUMBURA, VIA KIGALI.

Pierre Péan,  investigateur et écrivain français   a publié un livre scandale sur le Rwanda, en 2005 : « Noires fureurs blancs menteurs ».  La toile d’araignée tressée pendant des décennies par les Hima en France s’est refermée sur lui, en l’accusant d’être  révisionniste et  de génocidaire.  Il disait que la version officielle du génocide était un château de mensonges, et  proposait sa lecture des faits,  preuves à l’appui.  Dix ans plus tard, la BBC déchire le brouillard avec son reportage : « Rwanda, the untold story ». A la grande fureur de Kigali et de la toile franco-belge. Mais il manquait une figure précise pour incarner ce mensonge. C’est la journaliste Isabelle Hachey, du journal La Presse, qui a fait des enquêtes et a débusqué  le  MENTEUR  typique. Il s’agit de François Bugingo, journaliste d’origine rwandaise qui , pendant 20 ans, a publié de faux reportages à la radio et dans de nombreux medias de Montréal (Canada). Il racontait des faits inexistants ou tordus. On peut s’imaginer combien en ces 20 ans il a manipulé l’opinion publique canadienne, surtout sur ses reportages-bidons sur le génocide rwandais.  Il était aussi vice-président  mondial de Reporters Sans Frontières (RSF), sur lequel se sont appuyés maintes fois nos journalistes de Bujumbura, pour attaquer le gouvernement. Il a été remercié par ses employeurs. Il a remis la carte de journaliste le 5 juin 2015.

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François Bugingo  était  membre de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, dont le Guide de déontologie stipule que «les journalistes ont l’obligation de s’assurer de la véracité des faits qu’ils rapportent au terme d’un rigoureux travail de collecte et de vérification des informations».

  Au Burundi, la naissance de nombreux médias était une richesse en soi. Mais les médias indépendants s’étaient ligués en un cartel non d’informateurs, mais d’opposants, contre l’Etat. C’est un phénomène qui n’existe pas en Occident. Les radios,  surtout, ont propagé beaucoup de mensonges, amplifié des rumeurs qui ont conduit les populations à fuir leur pays, encouragé les manifestants ; ils ne condamnaient pas les dégâts causés par ceux-ci, au contraire,  ils exprimaient  une jubilation sadique.  Dans le tumulte du coup d’Etat, ces médias ont été détruits. Radio Rema FM a été la première victime de la furie ; elle a été incendiée  en plein jour par les putschistes et les manifestants,  les autres, dans les nuits successives, mais on ne sait pas par qui, puisqu’il n’y avait pas de témoins. En tout cas, partant de l’unique cas connu, que les manifestants  et leurs mandants n’aillent pas réclamer  la liberté de la presse alors que ce sont eux qui ont donné le coup d’envoi à la destruction des radios privées. Si ils la réclament, qu’elle soit un bien pour tous.

 

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